portrait de Didier TOUZÉ
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Didier TOUZÉ, jardinier en chef du Parc Oriental

Maulévrier

Didier assure l’entretien du plus grand jardin japonais d'Europe


Au Parc Oriental de Maulévrier, Didier Touzé, jardinier en chef, invite le public au voyage dans cet écrin de verdure 


Même le Guide Vert Michelin le reconnait : le Parc Oriental de Maulévrier "mérite le détour". Et c'est peu de le dire... Le plus ancien jardin d’inspiration japonaise, créé entre 1900 et 1913 par un architecte orientaliste puis classé en 1981 par le ministère de la culture au titre des sites puis labellisé  « jardin remarquable » en 2004,  a obtenu en 2016 sa deuxième étoile ! Cette distinction, il la doit en grande partie à Didier Touzé, devenu en 25 ans un spécialiste de la taille japonaise.


            Une formation horticole 

Didier, la cinquantaine, est quelqu’un de discret. Il se livre peu sur son parcours personnel et professionnel. Il a grandi dans une ferme entre Toutlemonde et Maulévrier. Enfant,  il a connu le parc à l’état sauvage. « Quand j’étais au collège du village, on courait dans un espace de verdure qui n’avait rien à voir avec ce qu’on peut visiter aujourd’hui ». Didier se passionne vite pour le végétal.  Il effectue un BEPA en horticulture à la Maison familiale de Beaupréau puis se fait embaucher par un paysagiste dans la commune de Maulévrier.


            Un parc façonné au fil du temps

Historiquement, les 29 hectares du parc actuel, faisaient partie de la propriété du Château Colbert dès le 17è siècle. Détruit pendant les guerres de Vendée, il est reconstruit entre 1815 et 1830. Un premier parc romantique est créé à l'arrière du château à cette occasion. La propriété est rachetée à la fin du XIXe siècle par la famille Bergère, qui la restaure et aménage entre 1899 et 1913 un paysage japonais dans le parc du château, avec l’aide de leur gendre Alexandre Marcel, célèbre architecte orientaliste. Des éléments architecturaux comme la pagode ou des objets provenant de l'Exposition Universelle de 1900 à laquelle Alexandre Marcel avait participé sont acheminés sur le site. A sa mort en 1928, sa belle-famille habitera le château jusqu'en 1945. A partir de cette période, le parc va être transformé en exploitation agricole et forestière et progressivement abandonné jusqu'en 1980. 


            La commune de Maulévrier acquiert le parc

C’est à cette date que le parc est racheté par la municipalité. Au  début, le travail consistait surtout à défricher, débroussailler. L’aspect japonais du lieu n’est réapparu que 2 ans plus tard  et en 1987 des professeurs d’horticulture nippons reconnaissent le site comme inspiré des jardins japonais de la période Edo, durant laquelle le Japon se ferme aux influences extérieures et valorise la culture locale. Didier rejoint alors l’équipe du jardin en 1990.


            Environ 500 espèces végétales à bichonner

Pour bichonner les 500 variétés végétales dont des arbres magnifiques aux formes sculpturales qui parsèment les 12 hectares classés de cet écrin de verdure, Didier se documente régulièrement sur la taille japonaise et les jardins orientaux. Il n’a de cesse d’apprendre  pour en connaitre plus sur les bonsaïs, les arbres et leur symbole.  Si vous l’interrogez sur le parc, difficile de l’arrêter. Il connait tout : l’histoire du lieu, l’eau du lac, un élément essentiel à toute vie dans la culture japonaise…En 1994, il s’est déjà rendu, avec le directeur du Parc, au pays du Soleil Levant pour découvrir des jardins japonais et s’en inspirer. Une 2ème fois à Kyoto avec son équipe  plus récemment pour visiter un maximum de sites japonais. Les différents arbres du parc passent entre les lames de la cisaille de Didier et de son équipe. « J’adore mon métier », précise Didier « même si aujourd’hui je suis moins proche du terrain mais plus sur des projets de développement du parc. J’aime ce côté aléatoire, non rectiligne, l’équilibre asymétrique, la fameuse  taille en nuage des arbres, si typique du Japon ». Il existe en effet deux types distincts dans la taille japonaise authentique, les Karikomi aux masses de végétation densifiée et ceux ayant des masses de végétation en transparence (Niwaki). C’est à l’opposé des jardins à la française et c’est ce qui me plait. C’est un art qui suppose des années de pratique. Didier et son équipe n’ont pas non plus attendu les directives environnementales pour entretenir différemment  leurs arbres et plantations. Depuis déjà 15 ans, les produits issus de l’industrie chimique sont limités au strict minimum légal, leur préférant des nouvelles méthodes plus naturelles.


            Le cap des 150.000 visiteurs franchi en 2019

Aujourd’hui, le Parc Oriental de Maulévrier reçoit tous les ans un grand nombre croissant de visiteurs. Le seuil des 150.000 entrées a été franchi en 2019 et c’est la plus grande récompense de notre jardinier en chef. En 30 ans, le parc a bien grandi grâce au travail réalisé par Didier et son équipe de jardiniers. Pour soutenir, ce qui est aujourd’hui le plus grand parc japonais d’Europe, une dotation de 100.000 francs a même été attribuée  par le biais de la Fondation Crédit Agricole Pays de France, en 1999,  afin de réhabiliter la pagode et restaurer le temple.  Géré par une véritable entreprise associative composée de 80 bénévoles, ce site unique en son genre emploie 17 personnes en équivalent temps plein auxquelles s’ajoutent des saisonniers pendant les périodes les plus fréquentées. Le Parc oriental de Maulévrier cherche aussi à toucher un nouveau public grâce aux réseaux sociaux qui lui permet de rayonner sur un territoire plus large.


A propos du Parc Oriental :

Téléphone : 02 41 55 50 14

Site internet : www.parc-oriental.com

Facebook : www.facebook.com/Parcoriental


Regard de proximité
Franck, directeur de l’agence de Maulévrier :

« Deuxième parc du végétal du département par sa fréquentation, le développement régional et national du Parc Oriental est un atout économique et culturel majeur pour le territoire. De saison en saison, les projets de ses acteurs passionnés et engagés ne manquent pas, et feront rayonner le Parc de plus en plus."


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