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Hanaé SAINT-JOUR, pDG de la mini-entreprise Aromabox

Noyen-sur-Sarthe

Au collège, 21 entrepreneurs en herbes créent leur mini-entreprise


Hanaé Saint-Jours, 14 ans, est la porte-parole de toute une classe de troisième qui s’est mobilisée pour créer et commercialiser un mini jardin d’intérieur. Pendant un an, ces jeunes ont découvert le monde de l’entrepreneuriat avec le soutien de leurs professeurs, d’un intervenant et de l’association Entreprendre Pour Apprendre*.


Depuis quatre ans, le Collège Marcel Pagnol de Noyen-sur-Sarthe invite ses élèves de troisième à se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat. Véronique Richard, professeure de sport, Mikaël Letendre, professeur de technologie et Rémy Dugas, parrain issu du monde de l’entreprise les guident et les stimulent tout au long de ce parcours initiatique.

            C’est quoi une mini-entreprise ?

« C’est un groupe d’élèves qui se réunit, sur le temps scolaire, pour créer un produit, le fabriquer et le commercialiser », explique Hanaé. « Notre mini-entreprise, AromaBox, est composée de 5 services : commercial, communication marketing, production, administratif et ressources humaines, et enfin un service direction ».

Rapidement, les élèves ont remarqué qu’une bonne communication entre les services était indispensable pour coordonner leurs activités. La première proposition d’Hanaé fut d’instaurer une réunion de trente minutes, chaque vendredi, entre tous les responsables de services. « Chaque service a un rôle majeur à jouer. Nous sommes tous unis pour un même objectif : promouvoir et vendre notre produit. ». La jeune PDG prend son rôle très à cœur : « J’aime avoir des responsabilités, on compte sur moi, ça m’oblige à avancer. Et puis, prendre la parole pour valoriser notre travail collectif me plait beaucoup. Mais ma position n’est pas toujours facile, je dois faire attention à ce que je dis, je ne veux pas porter préjudice au travail de la classe », explique Hanaé qui pèse chacun de ses mots tout en prenant soin de mettre en avant l’engagement de ses camarades.

            Chaque année, une nouvelle mini-entreprise, un nouveau projet

« À chaque début d’année scolaire, c’est assez déstabilisant, on ne sait absolument pas ce que la mini-entreprise va inventer » explique Véronique Richard. Après la création du jeu « L’Addixion » destiné à s’améliorer en calcul mental et de « Beesafe », un piège à frelons asiatiques sélectif (permettant d’épargner les abeilles), la promo 2019-2020 a posé les bases de la « GardenBox », un kit prêt à l’emploi pour faire pousser des aromates chez soi. Mais le confinement est passé par là, empêchant la mise en production du projet.  Heureusement, la promotion 2020-2021 a décidé de mener le projet à son terme, et même de compléter la gamme en proposant un produit supplémentaire : la DistriBox, un kit pour sécher et stocker les aromates produits.

            Des entrepreneurs en herbe

Le métier d’entrepreneur est très différent de celui d’élève. Les jeunes s’en sont rapidement rendus compte avec l’apparition des premières questions. Par exemple, comment financer l’achat des matières premières pour fabriquer l’Aromabox ? La mini-entreprise décide alors de faire appel à un système d’avance remboursable et avec des préventes pour se constituer de la trésorerie. Par ailleurs, les élèves ont eu la chance de remporter cette année le Grand Prix Crédit Agricole Initiative Locale pour la qualité de leur projet et ont reçu la somme de 5 500 euros.  Émue, Véronique Richard avoue « On ne s’y attendait pas du tout, ça va nous aider à finaliser notre projet et à aider la mini-entreprise de l’année prochaine ».

Les premiers produits seront commercialisés fin mai 2021 : une centaine de chaque (GardenBox et DistriBox) sont en cours de fabrication. Pendant que le service production tourne à plein régime, le service communication et marketing peaufine les supports publicitaires. 30 euros la GardenBox, 20 euros la DistriBox et 45 € les deux. « De nombreux échanges ont eu lieu pour déterminer le prix d’équilibre », explique Hanaé. L’entreprise pourra ainsi honorer les préventes et ensuite proposer ses GardenBox et DistriBox dans les galeries des grandes surfaces proches de Noyen-sur-Sarthe.

            À qui le tour ?

L’année scolaire touche à son fin et il sera bientôt temps de recruter la future promotion. Pour participer à la prochaine aventure, les jeunes candidats en classe de quatrième doivent démontrer leur volonté de s’impliquer dans un projet en envoyant une lettre de motivation suivie d’un oral « 2 minutes pour convaincre » devant les membres de l’équipe précédente et de leurs encadrants. La future promo est choisie par la classe de troisième avec la bienveillance des professeurs et du parrain. « Pour certains élèves le fait de participer à la mini-entreprise est une carotte et les motive à bosser les autres matières. », se félicite Véronique Richard.

            Un dernier challenge

Avant qu’Aromabox ne cède sa place à une autre mini-entreprise, il lui reste une dernière étape à franchir : le 25 mai 2021 la cérémonie de remise des prix dans le cadre du « Festival des mini-entreprises » organisé par l’association Entreprendre Pour Apprendre. Une vidéo publicitaire de 1 minute 30 doit encore être tournée et il faut aussi préparer cinq élèves pour un oral. Ils auront quatre minutes pour « pitcher » devant un jury de professionnels. Face à eux 80 projets seront présentés… mais il n’y aura qu’un gagnant.

            Le Bilan (pas seulement comptable)

On peut déjà annoncer que le bilan financier d’Aromabox sera très satisfaisant. Mais c’est loin d’être la seule finalité d’une mini-entreprise. Le bilan humain est encore plus positif, tant pour les élèves que pour leurs encadrants qui se sont énormément investis. Ils sont fiers de ce qu’ils ont su construire, vigilants concernant l’image que renvoie la mini-entreprise et préoccupés quant à sa pérennité : « Il ne faudra pas que les prochains coulent la boite ! », prévient Hanaé.

Rémy Dugas, parrain issu du monde de l’entreprise est présent depuis maintenant trois ans aux côtés des élèves : « Nous constatons une évolution énorme des jeunes, entre de début et la fin de l’année scolaire. Ils ont beaucoup grandi, entre autre sur l’argumentation de leurs idées : c’est une bonne préparation pour l’oral du brevet, par exemple. Ils sont plus matures, ont davantage confiance en eux et prennent des initiatives. On les pousse à cela, ce qui n’est pas si habituel dans le milieu scolaire. Tout cela prend du sens par rapport à leur scolarité : la mini-entreprise est à la rencontre de toutes les matières. À la fin de l’année, ils ont une posture de chef d’entreprise. ».

Chacun a beaucoup appris durant cette année. Martin, le responsable de la communication, retient la nécessité de beaucoup communiquer les uns avec les autres lors de tout projet. Il se félicite d’avoir appris à gérer une équipe et à la booster, tandis que Marie-Jeanne, responsable administrative et RH a aimé le fait de construire ensemble un projet, de se sentir utile en travaillant en équipe, en allant de l’avant. Et Hanaé de conclure : « On nous fait confiance, on n’a pas voulu décevoir. C’est important d’être allé jusqu’au bout, ça nous a permis de découvrir le monde de l’entreprise et d’y participer concrètement. ». 


*Entreprendre Pour Apprendre (EPA) est une association loi 1901, agréée par le Ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse. Elle accompagne tout au long de l’année les établissements qui souhaitent se lancer dans la création de mini-entreprises. L’objectif de l’association est de concrétiser et réaliser des projets pédagogiques avec une démarche entrepreneuriale avec un process de A à Z. 



Regard de proximité
Anne-Claire, conseillère des particuliers à l’agence de Château-Gontier Faubourg :

« C’est un vrai plaisir pour notre Caisse locale d’avoir accompagné les élèves du collège Marcel Pagnol dans leur projet. C’est un bel exemple de coopération pour les jeunes entrepreneurs de demain et une belle aventure humaine. »

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