portrait de Killian Conesa Sarah Pétreault
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Killian Conesa Sarah Pétreault, exploitants Agricoles

Challain-la-Potherie


A respectivement 24 et 26 ans, Sarah et Killian ont repris la ferme La Bodinière à Challains-la-Potherie. 


Une ferme familiale : La Bodinière

À l’origine, cette ferme située dans le Segréen à Challains-la-Potherie fut une exploitation laitière jusqu’en 2003, année où les grands-parents de Sarah ont pris leur retraite. 16 ans plus tard, en 2019, ils étaient dans l’obligation de vendre conformément à la loi. Sarah, qui a en grande partie ses souvenirs d’enfance ici, ne se voyait pas vivre ailleurs. « Il fallait se dépêcher avant la vente des terres pour faire perdurer la ferme familiale ». Avec son compagnon Killian, ils emménagent dans la maison des grands parents avec son cachet et le charme de l’époque et acquièrent 10 hectares de l’exploitation, le reste étant cédé à un voisin agriculteur. 

De jeunes exploitants


En couple dans la vie, Sarah et Killian sont depuis maintenant 3 ans les chefs d’exploitation de la ferme la Bodinière. S’ils ne pensaient pas avoir leur propre ferme si jeune, ils ont toujours voulu travailler dans ce milieu. Sarah voulait être vétérinaire en milieu rural, quant à Killian, diplômé d’un master en psychologie environnemental, il a toujours été passionné par les plantes et la culture et c’est au cours de leurs études qu’ils ont découvert l’agroécologie. 

L’agroécologie c’est quoi ? 

L’agroécologie désigne les pratiques agricoles qui lient agronomie (la science de l’agriculture) et l’écologie (la science de l’environnement). L’objectif premier de ce type d’agriculture est de réduire son empreinte environnementale et de tenir compte de la biodiversité. On va rechercher les interactions naturelles qui existent entre les écosystèmes (faune, flore, bactéries). On limite alors l’usage de produits phytosanitaires et on réintroduit la diversité dans les systèmes de productions (diversification des cultures, allongement des rotations…). Contrairement au bio, l’agroécologie n’est pas un label. Il n’y a pas de cahiers des charges spécifiques à respecter. Il s’agit avant tout d’une approche dont en découle des pratiques ; Chaque exploitant adapte, conçoit et développe en fonction des spécificités de son territoire et de la nature de son exploitation. 

Une activité maraîchère

Loin de penser que les grands-parents de Sarah n’étaient pas soucieux de l’environnement et de la préservation de leur sol, mais Sarah et Killian ont voulu revenir à l’essentiel en développant une agriculture en rapport avec leurs études, une agriculture de conversion et être un levier d’action pour le développement durable. C’est ainsi qu’ils ont fait le choix de l’agroécologie pour leur exploitation. « Nous faisons du maraîchage sur sol vivant, nous utilisons des couverts végétaux pour nourrir et enrichir le sol ». Pour cette activité, ils peuvent toujours compter sur les grands-parents, « Ils nous aident dans la transmission des savoirs, même s’ils ne sont pas d’accord avec tout. On ne vivrait pas la même installation, ils sont tout de même ouverts à l’évolution des pratiques comme par exemple l’utilisation d’engrais verts ou la création d’un poulailler mobile. » 

Un poulailler mobile


Un poulailler mobile, cela peut paraître surprenant au premier abord. Il s’agit tout simplement d’une bétaillère aménagée tirée par le tracteur.  « Nous ne voulons pas nourrir les poules au même endroit, en plus de ça on récupère le fumier (la fiente de volailles) pour la culture. » Pour l’alimentation des poules, elle est ultra-locale, ils récupèrent des tourteaux, ces déchets de pression d’huile de tournesol, qui viennent de la ferme voisine. « Aujourd’hui 50% de l’alimentation est produite à moins de 5 km de la ferme et on valorise les déchets… d’ici fin 2022 ce sera 95% ». En passant de 60 poules à 250, la production passera de 60 boîtes par semaine à 200/220 d’ici la fin de l’année. 

Des idées et des projets pour l’avenir

Certes, ce sont de jeunes exploitants, mais Sarah et Killian ne sont pas en reste lorsqu’il s’agit de projets pour l’avenir. Dans leur démarche de production et de consommation locale, ils espèrent d’ici 3 ou 4 ans fournir les cantines des établissements de leur territoire, notamment en se regroupant avec d’autres maraîchers. Ils souhaitent également organiser des repas à la ferme avec les restaurants voisins pendant la saison estivale dans le but de mélanger les générations et de faire perdurer la ferme.