portrait de Océane TERRIEN
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Océane TERRIEN, coiffeuse

Beaupréau-en-Mauges - 49600

Océane Terrien intègre la préservation de l’environnement dans son métier de coiffeuse


Dans son salon de coiffure, Océane Terrien exerce sa profession en respectant le plus possible l’environnement. Elle collecte notamment les c hutes de cheveux coupés qui sont recyclés en filtres anti-pollution. Ces colorations végétales et ses shampoings naturels, vendus en vrac, rencontrent aussi un franc succès auprès de sa clientèle.

Entrons dans ce salon de coiffure où une atmosphère chaleureuse se dégage d’emblée. Des fauteuils noirs élégants, un pan de mur en briques rouges et beaucoup de mobilier en bois donnent ce ton chaud à son établissement situé place André Brossier dans le centre-bourg de Jallais, commune de Beaupréau-en-Mauges. C’est ici qu’Océane Terrien, jeune femme de 27 ans, originaire de St Pierre-Montlimart, exerce le métier de coiffeuse.
Océane a débuté sa formation professionnelle en 2012 par un CAP à l’EFCE à Cholet, une école de coiffure et d’esthétique qui se nomme aujourd’hui Silvya Terrade. Elle effectue ensuite son Brevet professionnel durant deux ans, en apprentissage dans le salon R Color à Saint Pierre-Montlimart. Son employeur lui propose alors un 1e CDI à temps partiel suivi rapidement d’un temps complet. Très vite, sa patronne reconnait ses qualités et son sérieux et lui propose la gérance du salon, d’autant qu’elle en ouvrait un nouveau au Marillais, toujours dans la région des Mauges. Océane, bien qu’encore toute jeune dans le métier, n’hésite pas et accepte cette proposition. Elle va occuper ce poste à responsabilité durant 6 mois qui lui donne rapidement l’envie de franchir une autre étape. « Passer en statut de gérante, ça m’a vraiment donné envie ; je faisais tout comme une patronne, sauf que je n’avais pas mon propre salon de coiffure. J’étais arrivée à un point où j’avais envie d’évoluer et comme j’aime les challenges je me suis dit pourquoi ne pas tenter l’expérience d’avoir sa propre affaire. »

           Posséder son propre salon de coiffure

Océane scrute alors les petites annonces professionnelles et finalement, c’est sur le site « Leconcoin » qu’elle repère un salon en vente, géré depuis une douzaine d’années par Emilie Soulard. L’affaire est vite conclue, en cette fin d’année 2019 entre les 2 femmes. La passation avec la vendeuse se fait en douceur. Océane démissionne de son dernier emploi et choisit de travailler en CDD durant 6 mois pour des raisons administratives dans le salon qu’elle est en train de racheter avant d’acter son installation.
« En fait, quand je suis arrivé ici à Jallais, je savais déjà que j’allais m’installer…. Ce CDD a toutefois été rallongé quelque peu, car la crise sanitaire du Coronavirus est venue se greffer sur le projet déjà bien abouti de notre jeune entrepreneuse. En plein confinement, j’ai été obligée de décaler l’ouverture pour que je ne sois pas trop en difficultés. Initialement prévu en mars, j’ai ouvert officiellement mon salon le 12 mai 2020.
L’ancienne enseigne, Positive attitude, a été rebaptisée « Naturellement Simple » mais toujours dans l’idée d’œuvrer dans la continuité. « Le nom que j’ai donné à mon salon me ressemble bien, ça correspond tout à fait à ma personnalité » glisse-t-elle.
En janvier 2021, l’affaire étant lancée sur de bons rails, Océane décide d’embaucher Méllie Bouet comme salariée coiffeuse qui a suivi les mêmes formations qu’elle de façon à proposer les mêmes techniques professionnelles à la clientèle. Des services que l’on peut qualifier de courant pour ce type de petite entreprise : coupe et coiffure mixte, pour adultes et enfants, barbe pour les hommes et coloration à une différence près que notre cheffe d’entreprise a fait le choix d’utiliser des pratiques responsables en terme d’environnement.

           Agir pour le bien de la planète

A la base, Océane avait déjà des habitudes protectrices pour l’environnement dans sa vie privée. « Chez moi, c’est une forme de philosophie. Je fais mes yaourts, c’est plus sain pour la santé… je n’utilise pas de lessive industrielle mais des boules de lavage avec des billes en céramique à l’intérieur. Je suis plutôt dans l’écologie, j’essaye d’agir à mon niveau comme une citoyenne responsable » précise-t-elle.
Océane veut aussi agir en tant que citoyenne responsable dans son quotidien professionnel comme un grand nombre de jeunes de sa génération. Elle s’attache à intégrer le développement durable dans grands nombre de ses tâches.
Son implication la plus parlante est son adhésion à l’association « coiffeurs justes », créée en 2015 par Thierry Gras, coiffeur lui aussi. « C’est ma salariée, Méllie, qui m’a parlé de cette association car son ancien employeur était déjà adhérent. On a décidé de se lancer ensemble ». L’idée était simple : plutôt que de jeter les cheveux coupés chaque jour, ces résidus naturels sont collectés dans des sacs et recyclés : « L’association nous vend des sacs biodégradables. Tous les cheveux sont récupérés, qu’ils soient courts ou longs, naturels ou colorés, du moment qu’ils sont lavés » précise Océane. « Les cheveux représentent plus de la moitié de nos déchets ». Les encres alimentaires et la colle de maïs utilisés sur ces sacs sont aussi respectueux de l’environnement ». Un sac permet de collecter les chutes de 220 à 230 coupes de cheveux, soit environ 2 kg. « C’est ce que je récolte par mois en moyenne ». Avec la loi RSE, Responsabilité sociale des entreprises de 2020, les artisans coiffeurs sont d’ailleurs obligés de traiter leurs déchets eux-mêmes.

           Des filtres anti-pollution

Ces cheveux collectés servent ensuite à fabriquer des filtres anti-pollution. Des travailleurs handicapés en ESAT transforment en effet les chutes de cheveux. Ils utilisent soit une machine à tisser pour faire ces filtres qui peuvent servir pour des garages automobiles ou des pompiers en intervention soit des boudins à cheveux capables de flotter sur l’eau, en garnissant des collants de femmes grâce à ces précieux résidus. Ces filtres ont donc un usage très écologique car ils servent à absorber le pétrole, les huiles solaires qui polluent les cours d’eau et les océans.
1 kg de cheveux peut absorber jusqu’à 8 litres d’hydrocarbures. Le cheveu sert aussi à dépolluer les eaux d’écoulement des routes, des zones industrielles ou des autoroutes. Gros avantage, il est réutilisable puisque une fois lavé, on s’en sert comme renforçateur de béton, comme isolant ou tapis. Une vraie mine d’or, gratuite et abondante quand on sait que 3000 à 4000 tonnes de cheveux sont coupés chaque année en France.
       
           Des colorations végétales

Même si le recyclage des cheveux est l’action la plus emblématique qu’elle soutient, Océane a adopté aussi d’autres méthodes respectueuses de l’environnement. « Pour les colorations de mes clients, je propose aussi une gamme de produits 100% végétale » C’est plus long comme opération, 1 heure au lieu de 20 minutes mais la clientèle adhère bien à ce côté naturel et bio ». Il s’agit de la poudre de plantes cultivées en Inde mélangées avec de l’eau déminéralisée. Le siège de la Société qui commercialise ces produits est à Cholet. « Je propose 9 colorants naturels différents mais on peut faire des mélanges pour varier les teintes ». Le procédé peut sembler un peu plus coûteux pour la clientèle mais sur une année on économise 1 à 2 colorations. » Océane envisage prochainement de commercialiser ces poudres naturelles à sa clientèle pour se faire ses colorations à domicile.
La vente en vrac
Océane utilise depuis quelques mois, une gamme de shampoing qui est à 98% naturelle et biodégradable pour les soins dans le salon. « J’offre surtout le principe d’achat de ce produit en vrac » précise-t-elle. Mes clientes achètent une 1ère fois la bouteille de shampoing en verre et une fois celle-ci vide reviennent avec pour la remplir. « Cela évite la surconsommation de plastique ». Je propose aussi des shampoings solides et naturels vendus dans des boites en carton recyclable sous forme de savon.
Océane respecte encore d’autres petits gestes bienfaiteurs pour la nature. « J’ai remplacé le papier aluminium par du papier lavable pour les mèches. Je les passe à la machine à laver ensuite. Et toutes mes serviettes sont lavées, comme je le fais chez moi, avec les petites boules biologiques permettant un lavage propre sans détergent. »
Océane essaye depuis son installation de créer une ambiance familiale et « cocooning ». J’ai vraiment envie que mes clients se sentent comme à la maison ». Les travaux d’aménagement que notre entrepreneuse a menés donne aujourd’hui au salon cette atmosphère si agréable. Elle propose des journées continues de 9h00 à 19h00, du mardi au vendredi et le samedi de 8h00 à 13h00. Et toujours pour faciliter la vie de sa clientèle, elle mettra en place très vite la prise de rendez-vous en ligne.


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